D'où vient la méthode Gollac ?
En 2011, le rapport « Mesurer les facteurs psychosociaux de risque au travail pour les maîtriser », dirigé par Michel Gollac et Marceline Bodier à la demande de la DARES (ministère du Travail), a posé le cadre de référence français pour identifier et mesurer les RPS. Il est aujourd'hui préconisé par l'INRS et largement reconnu par les juridictions.
Les six familles de facteurs de risques
La méthode classe les facteurs de risques psychosociaux en six dimensions.
1. Intensité et temps de travail
Charge excessive, rythme soutenu, objectifs irréalistes, interruptions, longues journées, conciliation difficile avec la vie personnelle.
2. Exigences émotionnelles
Contact avec la souffrance ou le public, nécessité de masquer ses émotions, peur, tensions relationnelles.
3. Manque d'autonomie
Faibles marges de manœuvre, travail prescrit dans le moindre détail, sous-utilisation des compétences, absence de participation aux décisions.
4. Rapports sociaux dégradés
Manque de soutien des collègues ou de la hiérarchie, reconnaissance insuffisante, management défaillant, violences internes.
5. Conflits de valeurs
Qualité empêchée, sentiment de faire un travail inutile ou contraire à son éthique professionnelle.
6. Insécurité de la situation de travail
Crainte pour l'emploi, changements mal accompagnés, incertitude sur l'avenir.
Sur quoi s'appuie scientifiquement la méthode ?
Elle mobilise des modèles validés internationalement, notamment le Job Content Questionnaire de Karasek (1979), qui croise demande psychologique et latitude décisionnelle, et le modèle Effort-Récompense de Siegrist (1996), centré sur le déséquilibre entre les efforts fournis et la reconnaissance reçue.
Comment elle se traduit dans un diagnostic
Dans un diagnostic RPS, les six dimensions sont mesurées par un questionnaire validé, restituées sous forme de scores et d'un radar hexagonal, puis approfondies par des entretiens. Utiliser ce référentiel garantit un diagnostic comparable, robuste et opposable en cas de contentieux.